Greenpeace Africa répond au Ministre de l'Environnement et du Développement Durable, Amy Ambatobe

 

 

Communiqué de presse - février 27, 2018

 

En réponse à la déclaration du ministre Ambatobe, reportée par RFI, dans laquelle il estime que le moratoire ne concerne pas les concessions réhabilitées, Irène Wabiwa, Responsable de la Campagne Forêts de Greenpeace Africa, a déclaré:

 

"En juillet 2017, M. Ambatobe avait annulé les concessions qui avaient été rétablies pour la société industrielle forestière du congo (SIFORCO) par l'ancien ministre Robert Bopolo parce qu'il prétendait qu'elles étaient illégales. Il est donc contradictoire pour M. Ambatobe de  rétablir à son tour d'autres concessions aux sociétés chinoises SOMIFOR et FODECO ayant le même statut que SIFORCO. Ces réhabilitations constituent une violation du moratoire et sont par conséquent illégales.

 

  1. Ambatobe dit que le moratoire ne concerne que les concessions forestières non encore exploitées. Mais les concessions rétablies avaient déjà été exploitées avant leur rétrocession à l’Etat . Et en tant que tel, leur réhabilitation tombe sous le régime du moratoire et l'action de M. Ambatobe est non seulement en violation du la réglementation congolaise , mais aussi de la lettre d'intention avec l'Initiative des Forêts d'Afrique centrale (CAFI). En effet, l'article 23, paragraphe 2 du décret présidentiel n ° 05/116 d'octobre 2005 dispose que le moratoire "couvre toute acquisition du droit d'exploitation, y compris l'échange, la relocalisation ou la réhabilitation d'anciens titres forestiers".

 

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RFI-RDC: Greenpeace dénonce une violation du moratoire sur l'exploitation forestière

 

En RDC, Greenpeace tire la sonnette d'alarme. Début février, le gouvernement a autorisé deux compagnies d'exploitations forestières chinoises Fodeco et Somifor à travailler sur trois concessions, en violation d'un moratoire sur les licences d'exploitations forestières industrielles, que la RDC a adopté en 2002. Une décision prise alors qu'en 2016 déjà, l'autorisation d'exploiter ces 650 000 hectares de forêt avait été annulée par le ministre précédent, Matata Ponyo.

 

 

Selon la responsable de Greenpeace en RDC, Irène Wabiwa Betoko, la décision du gouvernement d’autoriser l’exploitation de 650 000 hectares de forêt par des entreprises chinoises viole la loi congolaise. « Aujourd’hui nous parlons d’une décision du ministre qui réhabilite trois contrats qui ont été annulés par son prédécesseur parce qu’ils étaient jugés illégaux, non seulement car il enfreint les lois congolaises, mais il viole aussi le moratoire. Le ministre n’était pas autorisé au regard de la loi de pouvoir réhabiliter ces titres parce que le moratoire concerne non seulement l’attribution du nouveau titre, mais aussi la réhabilitation », détaille Irène Wabiwa Betoko pour RFI.

 

 

La responsable de Greenpeace en RDC s’inquiète également des répercussions environnementales que peuvent engendrer l’exploitation de ces concessions forestières, notamment des concessions qui empièteraient sur une zone de tourbières. « Sur les plans environnementaux et écologiques, la réalisation de ces trois titres forestiers posent problème par le fait que six concessions empiètent la superficie couverte par des tourbières qui ont été récemment découvertes dans notre pays. Et comme nous le savons, les tourbières consacrent près de 30 milliards de tonnes de carbone, elles ne peuvent rendre ce service à l’environnement que quand elles sont gardées humides et intactes », s'alarme-t-elle.

 

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