Cirad: Pourquoi les paiements pour services environnementaux sont-ils moins performants que prévu ?

 

 

Les paiements pour services environnementaux passent difficilement l’épreuve de la mise en pratique. Pour comprendre les raisons de cette relative inefficacité, 70 programmes menés dans le monde ont été passés au crible d’une grille d’analyse pointue. Un fort décalage a été constaté entre la théorie et l’exécution de ces instruments incitatifs. Ces travaux, publiés dans Nature Sustainability en mars dernier, ont bénéficié à la fois de l’expertise analytique du Cirad et de données issues de projets coordonnés par l’établissement.

 

 

Des raccourcis et des simplifications dans la mise en œuvre des paiements pour services environnementaux (PSE) rendent ces instruments incitatifs moins efficaces qu’ils ne pourraient l’être. Un constat révélé par une étude analytique de 70 programmes de PSE réalisés à travers le monde et publiée dans Nature Sustainability le 12 mars dernier. « L’ambition n’était pas d’être exhaustif, mais nous considérons que cet échantillon est parfaitement représentatif des PSE existants depuis une vingtaine d’années,  » explique Driss Ezzine de Blas, socio-économiste au Cirad et à l’origine de cette étude.

 

 

Une tendance globale à la simplification

 

 

Le coauteur précise que « malgré la diversité des programmes de PSE analysés, on retrouve cette tendance à la simplification sur tous les continents. » Les PSE sont une gamme d’instruments financiers incitatifs. Ils consistent à rémunérer des propriétaires terriens en échange de la préservation d’un écosystème offrant un service (maintien de la qualité de l’eau, séquestration de carbone, lutte contre l’érosion, préservation d’espèces menacées, etc.). Depuis quelques années, l’efficacité de ces programmes est remise en cause, mais les raisons de ces défaillances n’étaient pas connues.

 

Contrôles et sanctions difficilement mis en œuvre

 

L’examen méthodique de la conception puis de la mise en œuvre des PSE montre que certains principes de base de ces instruments ne sont pas appliqués. Les PSE sont fondés sur la conditionnalité, c’est-à-dire qu’une rémunération est versée si une parcelle est, par exemple, conservée boisée. Ce principe implique des contrôles pour vérifier le respect de l’accord et une sanction en cas de non-respect. Or, en pratique, l’analyse montre que les contrôles, et plus encore, les sanctions, ne sont que rarement réalisés. Pour les auteurs, ces difficultés d’exécution ne sont pas tant liées à la complexité de vérifications biophysique ou à des coûts de transaction insurmontables, mais constituent souvent une question socialement et politiquement sensible. « C’est un problème récurrent de l’économie environnementale : sans sanction, on sait qu’il y a moins de performance. Mais qu’en est-il de la vulnérabilité sociale quand il s’agit de sanctionner des populations déjà très démunies ? Quid de la popularité d’un gouvernement ou d’une ONG ?  » s’interroge Driss Ezzine de Blas.

 

 

En savoir plus...

Retour

Actualités du PFBC

Actualités

Déclaration de Haut niveau - Continuité dans l’engagement des Partenaires

Bien vouloir télécharger les discours et allocutions de la cérémonie d’ouverture de 18ème Réunion des Parties du Partenariat des Forêts du Bassin du Congo, du 28 novembre 2018 à Bruxelles…

En savoir plus...

Note d’information : Conférence internationale des Ministres en charge de la Défense, de la sécurité et des aires protégées sur la lutte contre le Braconnage et autres activités criminelles transfrontalières - 23 – 25 janvier 2019, N'Djaména, Tchad

Sous le Haut Patronage de Son Excellence Monsieur Idriss Déby ITNO, Président de la République du Tchad...  Co-Présidence /Co-Chair : Ministre d’État François-Xavier de Donnea, Facilitateur du Royaume de Belgique du PFBC...La Facilitation du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) assurée par le Royaume de Belgique, en étroite collaboration avec la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et le Gouvernement de la République du Tchad...

En savoir plus...

BRIEFING NEWS Observation indépendante : Les résultats de trois années de mise en œuvre du Système Normalisé d’Observation Indépendante Externe (SNOIE) au Cameroun.

En trois ans de mise en oeuvre du Système normalisé d’Observation indépendante externe (SNOIE), plus de 50% des rapports de dénonciations produits via cette approche normalisée de l’observation indépendante (OI) au Cameroun, ont entraîné des réactions du ministère en charge de la gestion des forêts et de la faune. En effet, sur les 30 rapports d’OI transmis au MINFOF, les faits d’exploitation forestière présumée illégale ont été avérés sur 18 d’entre eux. Ces cas avérés ont suscité des missions de contrôle de la brigade nationale et régionale de contrôle forestier, des saisis, l’ouverture des contentieux à l’encontre des entreprises incriminées dans les rapports et des suspensions de titres.

En savoir plus...

Afrique centrale : Ndjamena accueille la 47e réunion du Comité sur les questions de sécurité du 3 au 7 décembre

Libreville (Gabon), 30 novembre 2018 – La 47e réunion du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC) aura lieu du 3 au 7 décembre 2018 à Ndjamena, la capitale du Tchad. Comme lors des précédentes sessions, elle permettra de faire le point de la situation géopolitique et sécuritaire dans les onze pays membres, notamment l’Angola, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine (RCA), le Congo, la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon, la Guinée équatoriale, le Rwanda, Sao Tomé et Principe, et le Tchad.

En savoir plus...

RFUK- Aires protégées et droits communautaires : utiliser les cartes participatives pour soutenir la conservation durable dans le bassin du Congo

Les meilleurs projets de conservation commencent avec les Hommes. Cependant, des aires protégées continuent à être établies et gérées dans le Bassin du Congo avec peu de considération envers les droits fonciers et les droits aux ressources des communautés locales, ce qui favorise les conflits et les violations des droits de l’homme.

En savoir plus...

Environews-Bruxelles : Début de la 18ème réunion des parties du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo

C’est le Musée Royal de l’Afrique Centrale (Tervurin) qui accueille la première journée de la 18ème réunion des parties du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC). Les travaux lancés ce mardi doivent déboucher sur de nouveaux engagements afin de préserver ces forêts partagées par une dizaine des pays d’Afrique centrale, et considérés comme un patrimoine de l’humanité.

En savoir plus...

RDP18-Rapport-Stream 1. Gouvernance forestière et aménagement du territoire

Notre stream porte sur les questions toujours d’actualité de la gouvernance forestière et de l’aménagement du territoire. Plus que jamais, ces deux thématiques sont des thématiques clés pour les perspectives d’avenir des forêts du Bassin du Congo. Cependant, la nature vaste des questions de comment aménager l’espace forestier et comment le pouvoir s’exerce dans ces zones nous exigent de prioriser, au sein du stream, nos discussions et interventions.

En savoir plus...

Archive des actualités du PFBC

2018

CAWHFI NEWS N° 002
FGF Brazzaville 2018