Congrès Mondial de la Nature - Forum sur l’Afrique - Le Bassin du Congo au cœur

 

 

Centre de Conférence d'Hawaii, 3 septembre 2016 – S’est tenu une session  de haut niveau de dialogue des leaders de l'Afrique. Réunis autour de Mme Inger ANDERSEN, Directrice Générale de l’UICN, les Ministres présents au Congrès, les Directeurs Régionaux de l’UICN et les Responsables des institutions régionales et nationales en charge des questions de conservation telles la COMIFAC ont échangé sur les enjeux stratégiques de la conservation et du Développement durable en Afrique.

 

 

Plusieurs interventions ont ponctué le déroulement de la session de dialogue. Ouvrant le dialogue, SE. M. Nestor BATIO BASSIERE, Ministre de l’environnement, de l’économie verte et du Changement climatique du Burkina Faso, a tenu à remercier la Directrice Générale de l’UICN pour l’organisation de la session. Au nom des pays de l’Afrique, le Ministre a présenté les principaux défis et les attentes des pays Africains de l’UICN. Entre autre, il a cité (i) la mobilisation des ressources pour soutenir les politiques de conservation et de développement durable des pays Africains, compte tenu de ce que les Etats qui sont confrontés à de nombreux autres défis  ne disposent pas de moyens suffisants pour la conservation de la biodiversité, malgré leur volonté politique et leurs engagements en la matière, (ii) le besoin pour les pays Africains que l’UICN soit son porte parole auprès des institutions financières où elle est éligible notamment le « Global Environment Facility (GEF) »  et le « Green Climat Fund (GCF) », (iii) Le développement des projets intégrateurs et structurants étendus à plusieurs pays, au lieu d’une multitude de petits projets comme c’est la cas en ce moment, (iv) le besoin de renforcement des capacités des acteurs Africains. Il a également salué la ratification récente par la Chine et les Etats Unis des Accords de Paris sur le Climat et a exprimé la disponibilité des Etats Africains à soutenir et accompagner l’UICN dans son Programme pour la conservation réussie de la Biodiversité et le développement durable en Afrique.

 

 

Prenant la parole à son tour, M. Martin TADOUM, Secrétaire Exécutif de la Commission des forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), au nom des Pays de l’Afrique Centrale, a mis en exergue l’importance du Bassin du Congo (deuxième plus grand massif forestier tropical humide de la planète), pour le développement socio-économique des Etats et l’équilibre de l’environnement mondial, notamment en matière de lutte contre les changements climatiques.  C’est pourquoi, reconnaissant cette importance,  a-t-il martelé, les pays d’Afrique Centrale se sont mis ensemble depuis 2005 pour créer la COMIFAC, afin de pouvoir mieux structurer et harmoniser les interventions des pays pour la conservation de la riche biodiversité du Bassin du Congo et la gestion durable des écosystèmes forestiers qu’il renferme. Un cadre de planification stratégique traduisant la vision commune des Etats et appelé Plan de Convergence a été alors développé et adopté à cet effet pour la période 2005-2014  a-t-il poursuivi. Ce plan de Convergence a récemment été révisé et intègre toutes les priorités actuelles de la sous-région en matière de conservation de la biodiversité et de développement durable. Le Secrétaire Exécutif de la COMIFAC, a également mis en avant quelques avancées qui traduisent les efforts et la volonté politiques des pays de l’Afrique centrale, en particulier, la création et la gestion de 5 (cinq) aires protégées transfrontalières entre les Etats membres, avec des accords bilatéraux ou multilatéraux signés. Pour lui, au regard des nombreux défis auxquels font face les pays de la sous-région, tels  (i) les besoins de développement sur la voie de l’émergence, (ii)  le rythme accéléré de la croissance démographique, (iii) la grande criminalité faunique et le trafic des espèces emblématiques, (iv) le chevauchement et les conflits  d’utilisation des terres entre le secteur forestier et les autres secteurs, etc., les besoins en ressources financières et techniques nécessaires pour y répondre qui sont énormes. Il faut par ailleurs que la conservation de la biodiversité contribue à lutter contre la pauvreté des populations locales et autochtones qui sont riveraines. L’UICN est un partenaire traditionnel de la COMIFAC et ses pays membres, et ce partenariat devra se consolider davantage. Il a également lancé un vibrant appel pour que des partenaires nouveaux se joignent à ceux déjà présents dans la sous-région, pour soutenir les efforts des pays en matière de conservation de la biodiversité et de développement durable.

 

 

Les illustres personnalités ci-après, ont tour à tour pris la parole : SE. Mme Aïda M’BO KEÏTA, Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable du Mali, SE. M. Felix MONGGAE, Ministre Adjoint de l'Environnement, de la Faune et du Tourisme du Botswana, M. Fundisile MKETENI,  Directeur Général Adjoint du Département Environnement, en charge de la biodiversité et de la Conservation de l’Afrique du Sud, et le Dr. Brahim HADDANE, Conseiller Régional de l’UICN pour l'Afrique, Représentant de l’Afrique du Nord au dialogue. De leurs propos, l’on peut retenir les points essentiels suivants : le défi de l’énergie, de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la pauvreté, eu égard aux énormes potentiels que regorge l’Afrique en terme de ressources naturelles, la nécessité d’un dialogue multi-acteur à l’échelle de l’Afrique , l’ampleur des conflits hommes – animaux, en particulier dans la région de l’Afrique du Sud, les questions liées à l’utilisation durables des ressources naturelles, la restauration des paysages, y compris des zones de sécheresse et des terres dégradés. La conservation des écosystèmes et des espèces, ainsi que le développement de l’économie de la biodiversité ont été au menu des différentes interventions. Il faut aussi noter que le Conseiller de l’UICN, Dr Brahim HADDANE, a appelé les leaders de l’Afrique à participer activement et à s’engager pour le succès des trois évènements majeurs à venir qui se tiennent en Afrique d’ici la fin de l’année à savoir : (i) la CoP22 sur le Climat dans le cadre de la CCNUCC le mois prochain au Maroc, (ii) la CITES un mois plus tard en Afrique du Sud et, (iii) Le Forum des Montages en Ouganda.

 

 

A la suite de toutes ces interventions, Mme la Directrice Générale de l’UICN a dans son propos, répondu aux préoccupations exprimées par les leaders Africains au cours de la session de dialogue. Elle  a reconnu l’ampleur du travail à faire compte tenu des défis auxquels fait face l’Afrique : L’utilisation durable des ressources, la restauration, pas seulement dans les forêts et dans le contexte des Aires protégées, mais également pour la lutte contre la sécheresse et la dégradation des terres, la Conservation des espèces et des écosystèmes, la lutte contre le trafic des espèces , le renforcement des capacités, l’assistance technique. Elle a en particulier, appelé pour un effort local, national, régional et global pour lutter contre la criminalité faunique. Elle a rassuré les leaders Africains que UICN se veut le porte-parole de la voix de l’Afrique, pour pousser la communauté internationales à prendre en compte les priorités de l’Afrique, et que l’UICN s’investira pour mobiliser les financements au profit de l’Afrique, en tant que Organisation éligible au Fonds Vert Climat (GCF) et  à la Facilité pour l’Environnement Mondial (GEF). L’UICN a toutefois exprimé le besoin que les pays et leurs gouvernements désignent l’UICN  comme leur agence de mise en œuvre dans le cadre de la planification de leurs programmes et projets. «  Vous êtes nous et nous sommes vous » a-t-elle martelé, pour insister sur la nécessité absolue d’un partenariat et d’une collaboration forts entre l’Afrique et l’UICN.

 

 

Pour en savoir plus, bien vouloir contacter:  Leonard.USONGO@iucn.org,  et  jerome.guefack@pacebco-ceeac.org,

 

 

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