PFBC et Chine - déjà ensemble?

 

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Kinshasa, 26 septembre 2010 – Le Facilitateur sortant Hans Schipulle se réjouit des conclusions de l’évaluation de la facilitation allemande (2008-2010) et sourit à l’égard du nombre des partenaires qui citent la Chine comme denier adhérent au PFBC : « Les membres du PFBC nous surestiment ! Il est vrai que nous avons entrepris – en concertation avec la COMIFAC et d’autres partenaires comme IFIA, EC, UICN, WWF et CIFOR – de nombreux efforts pour impliquer les acteurs chinois, dont l’administration forestière nationale SFA, à la plateforme de dialogue qui est le PFBC. Mais l’adhérence de la Chine n’a pas encore réellement été discutée, et ce n’est pas un objectif en soi. Ce qui nous importe, c’est de renforcer et structurer les relations entre tous les acteurs du secteur forestier en Afrique centrale au sein du PFBC, et de soutenir la COMIFAC à devenir un partenaire stratégique pour la Chine ».


Où en sommes-nous alors dans le renforcement des relations entre la Chine et la COMIFAC, et la Chine et le PFBC ? Rappelons d’abord que la présence croissante de la Chine dans l’économie mondiale peut également être observée dans le secteur forestier de la région d'Afrique centrale, plus spécialement dans les pays abritant une part significative de la forêt tropicale humide du Bassin du Congo, notamment : le Gabon, le Cameroun, la République du Congo (Kinshasa), Congo (Brazzaville) et la République Centrafricaine. Les volumes commerciaux sont impressionnants : en 2006, la Chine a investi environ 17 milliards d’US dollars dans l’importation de bois. 70% de ces importations de bois sont ensuite de nouveau réexportés après transformation. Environ 10% des importations chinoises de bois rond non travaillé proviennent désormais d’Afrique; les fluctuations s’expliquent non par la chute de la demande mais par des interdictions temporaires de l’exportation de bois rond (comme ce fut le cas au Gabon). Depuis la fin des années 90, des entreprises d’exploitation du bois chinoises gèrent elles-mêmes des concessions destinées à l’exportation, surtout au Gabon et au Congo-Brazzaville. Désormais, 85% de toutes les exportations africaines de bois rond sont expédiées vers le marché chinois.

 

Le responsable de planification forestière, Mr FU, de l'administration forestière chinoise et le Directeur des Forêts de la République du Congo, en mars 2010Au vu de cette présence incontestable, les membres du PFBC s’efforcent de plus en plus d’organiser l’échange d’informations avec les « nouveaux acteurs » de façon constructive. L’objectif du PFBC reste de soutenir de manière concertée la COMIFAC dans la mise en place de la stratégie régionale (« Plan de Convergence ») ciblant l’exploitation durable ainsi que la protection des forêts du Bassin du Congo, ratifiée en 2005. La stratégie régionale contient entre autres deux chapitres particulièrement importants pour comprendre la structure du dialogue avec la Chine : d’une part, l’engagement des membres de la COMIFAC à améliorer la gouvernance dans le secteur forestier (dans le but, entre autres, de lutter contre les coupes de bois illégales ainsi que de réduire la pauvreté) ; d’autre part, la volonté de mieux utiliser la valeur des ressources forestières et non-forestières disponibles.

 

Tout d’abord plusieurs pays membres de la COMIFAC sont actuellement en train de négocier des Accords de Partenariat Volontaire (APV) avec la Commission Européenne dans le cadre du Plan d’Action FLEGT (le Cameroun et le Congo-Brazzaville : APVs signés, la République Centrafricaine a entamé les négociations en 2009, le Gabon vient de commencer et le Congo-Kinshasa se trouve en phase de pré-négociation). Les pays producteurs s’engagent dans les APVs à ne plus expédier vers l’Union Européenne que du bois dont la traçabilité de l’origine peut être légalement prouvée. En contrepartie, ces signataires obtiendront de l’aide dans l’élaboration de systèmes de vérification et bénéficieront du statut d’un pays « à risque faible » dans leurs relations commerciales avec des importateurs européens, soumis eux-mêmes à l’obligation de diligence. L’impact des APV sur l’ensemble des exportations dépend de l’ampleur des protocoles signés. Au cas où tous les bois mis sur le marché doivent être tracés et leur légalité vérifiée, il n’y aura pas d’export à deux vitesses. Comme le constatent Mathieu BOUSQUET de la Commission Européenne et Grégoire NKEOUA, Directeur des Forêts de la République du Congo lors de l’atelier en mars 2010 à Douala : « C’est une volonté politique partagée qui, jusqu’à là, a été inscrite dans tous les APV négociés par les États africains avec l’Union européenne. » La conférence FLEG UE-Chine, co-organisée par l’Allemagne à Pékin (19-20 septembre 2007), représentait ainsi la première pierre dans l’élaboration, durant la Facilitation allemande, d’une stratégie de dialogue commun avec la Chine dans le Bassin du Congo.

 

Une visite à la société ALPICAM, certifiée FSC et en avance sur les technologies de transformationDeuxièmement, la COMIFAC soutient les efforts du secteur privé forestier, IFIA/ATIBT et du FSC dans l’élaboration de normes de certification forestière au niveau régional ainsi que dans la promotion de la certification des exploitations commerciales durables. Ces dernières années, ces mesures ont permis de faire certifier par le FSC près de cinq millions d’hectares, ce qui représente un record mondial. Ce faisant, on compte garantir pour le bois tropical des marchés « écologiquement raisonnables ». Les pratiques partiellement non transparentes des entreprises chinoises portent préjudice à la réputation du bois tropical et, vu la pression de la concurrence, pourraient au pire aboutir à un nivellement vers le bas (« race to the bottom » - exploitation non durable). Un dialogue ouvert avec les sociétés chinoises implantées dans le Bassin du Congo, l’engagement marqué de l’administration chinoise à encourager ces sociétés, qui au plus souvent sont des filières des grands groupes chinois, à respecter une gestion durable de leurs concessions a porté les premiers fruits.

 

Quoi donc a été accompli ?

1. Promotion de la COMIFAC comme organisation régionale en charge de la politique forestière en Afrique centrale, et exposé du potentiel du PFBC en tant que plateforme du dialogue dans le Bassin du Congo. La facilitation a présenté ces deux instutions sous-régionales lors des conférences internationales en Chine (IUCN/Forest Trends Pékin 2009) (Symposium International sur la Forêt, le Carbone et l’Eau en réponse au changement climatique, Yunnan 2010) et en consultations directes avec les représentants du gouvernement chinois en Chine et dans le Bassin du Congo. Elle a aussi mise à disposition des outils de communication en chinois (dépliant info PFBC)

 

2. Rapprochement vers des relations officielles entre la COMIFAC et la Chine pour une coopération régionale dans le secteur forestier. La Facilitation allemande a invité des délégations chinoises aux réunions plénières du PFBC et a apporté un appui conseil à la présidence pour faire intégrer la gestion et la protection des forêts dans les sujets traités dans le cadre du Forum Sino-Africain (FOCAC). La déclaration du dernier forum (Novembre 2009) intègre déjà la coopération renforcée pour l'environnement et la protection du climat, mais dans l'application de la déclaration le rôle des forêts reste à être précisé. En marge de l'atelier COMIFAC FLEGT en mars 2010 (Douala), une entente informelle entre la COMIFAC et l’Administration forestière de la Chine pour un renforcement du dialogue dans le secteur forestier a d’ailleurs été conclue. Les membres du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo entendent de leur côté continuer à appuyer ces initiatives sino-africaines.

 

4. Réussite des initiatives conjointes. Il y a des initiatives qui vont au-délà d'une simple concertation, et qui témoignent de la bonne entente et des objectifs communs entre partenaires PFBC. Trois exemples d'activités conjointes méritent d'être cités:
Journée de Dialogue, Libreville (mai 2008) organisé par ATIBT/IFIA avec l'appui de l'Allemagne. Participation des autorités chinoises. Le déclic.
Atelier de travail COMIFAC (mars 2010) sur "FLEGT - politiques et implications techniques". Avec l'appui de l'Allemagne, UICN et WWF. Participation des autorités chinoises. Entente informelle entre COMIFAC et SFA.
Atelier de travail COMIFAC (avril 2010) "Echange d’expériences entre la Chine et les pays d’Afrique Centrale
sur la gestion et l’utilisation durable des forêts". Financé par le WWF.

 

4. Concertation régulière entre partenaires PFBC pour structurer ensemble le dialogue avec la Chine. Inspirée par ses consultations, la facilitation allemande a fini par proposait, à l'occasion du CCR7 à Douala, une feuille de route avancant une vision commune du PFBC sur l'implication de nouveaux acteurs, et décryptant un premier apercu des activités en route chez les uns et les autres. Suite à cette initiative, la facilitation a continué à travailler avec ces membres fortement impliqués dans le dialogue avec la Chine. L'Allemagne continuera à animer le débat en tant que simple membre du PFBC une fois le mandat de facilitation terminé. Voici les autres membres, à part l'Allemagne et le SE COMIFAC, impliqués et leurs actions/ documents de références respectifs.

  • • UE/ Commission européenne: L'Union Européenne joue évidemment un rôle important dans le dialogue avec la Chine, c'est elle qui conclue les APV avec les pays producteurs de bois de l'Afrique central pour inciter une bonne gouvernance dans la secteur forestier en Afrique et en Europe. Les parties contractantes des APV FLEGT souhaitent pour cela associer la Chine -Transformateur majeur de bois tropicales en produits finis déstinés pour le marché européen -a leurs efforts communs. Signé au plus haut niveau politique de la Commission et de la Chine, le «Mécanisme de coordination bilatéral UE-Chine au sujet du FLEG (MBC)» (janvier 2009) prévoit aujourd'hui la coopération avec des pays tiers producteurs de bois. Il a été convenu en novembre 2009 que le PFBC et la COMIFAC peuvent, à cet égard, être des partenaires importants pour la mise en oeuvre du MBC.  
    • WWF: China for a Global Shift et Global Forest Trade Network. Le WWF appuye directement les sociétés chinoises qui cherchent à importer du bois en provenance des forêts gérés de manière durable. Il organise des voyage de sensibilisation et de prise de contact pour ces entreprises.
    • UICN: l'UICN a promue en collaboration étroite avec le SFA (administration forestière nationale) l'échange entre l'administration et les sociétés chinoises implantés dans le Bassin du Congo, et la promotion du Guide SFA pour la Gestion Durable des Forêts Tropicales, et le Guide SFA pour la Gestion Durables des Silvicultures Tropicales. A ce but, elle a organisé des voyages de sensibilisation. Elle continue aussi à travailler sur l'exploitation durable des PFNL (plantes médicinales) et le dialogue à travers les réseaux de la société civile. 
    • IFIA: Depuis Libreville 2008, IFIA continue à oeuvrer vers une implication des sociétés chinoises dans leur label de qualité "Africa Wood For Life". La participation accrue des sociétés chinoises au dernier forum de bois RACEWOOD (mars 2009, Douala) montre que IFIA / ATIBT est capable d'attirer de nouvaux adhérents. 
    • CIFOR: a lancé en mars 2010 un projet de trois ans pour comprendre comment la Chine change les flux de commerce and d'investissement internationaux, quels sont les facteurs uniques caracterisant le commerce entre la Chine et l'Afrique dans le secteur forestier, et quels impacts auront tendances de commerce et des investissements liés aux forêts auront sur les forêts du Bassin du Congo.

 

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