Dr Denis Sonwa - CIFOR: Développement durable dans le bassin du Congo: Aller au-delà de l’agenda sur la biodiversité

 

Note de la rédaction : Une version de cet article a été publiée dans le bulletin du Beahrs Programme de Leadership Environnemental de l’Université de Californie – Berkeley.

 

La conservation de la biodiversité forestière a été la principale priorité environnementale en Afrique centrale. Les liens entre la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) et la Convention (CCNUCC) semblent être solides avec la REDD+ (Réduction des Emissions issues de la Déforestation et la Dégradation des forêts). Certains des objectifs d’Aichi (5, 7, 11 et 15) de la CDB et les sauvegardes environnementales de la REDD+ (CCNUCC) constituent des bonnes connexions entre les deux conventions. La REDD+ a ainsi émergé comme un moyen de conserver la biodiversité dans le bassin du Congo.

 

Parmi les priorités de la CCNUCC dans la région, l’adaptation au changement climatique, qui semble être davantage proche du développement des communautés, n’a pas reçu la même attention que la REDD+. Avec le soutien de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC/ECCAS), le CIFOR et ses partenaires mettent en œuvre un projet sur la synergie entre l’adaptation et l’atténuation. Après COFCAA (Forêts du Bassin du Congo et Adaptation au Changement Climatique), c’est l’un des rares projets régionaux sur l’adaptation dans le bassin du Congo.

 

Le développement rural, exempt de facteurs de stress tels que le changement climatique, est censé être associé à la gestion de la biodiversité, dans la perspective de réaliser des objectifs de conservation à l’intérieur et à l’extérieur des aires protégées. L’application des deux conventions ne se fait pas en vase clos. Les activités menées par le secteur forestier dans le cadre de ces conventions ont d’une manière ou d’une autre des liens vers le processus de développement ciblé par les pays de la région. Les pays du bassin du Congo envisagent d’être des économies émergentes dans une ou deux décennies.

 

En se basant sur les perspectives de Rio 92 (et celles des Sommets de la Terre suivants), construites généralement autour d’objectifs socio-économiques et écologiques, il est évident que l’agenda est inachevé dans le bassin du Congo. Le bassin du Congo est actuellement caractérisé par la coexistence de points chauds de biodiversité ; stocks importants de carbone forestier ; circonstances de conflit et de post-conflit ; proportions importantes de communautés pauvres, sous-alimentées, en mauvaise santé et vulnérables face au climat, vivant dans des zones éloignées où les connexions aux sources modernes d’énergie sont rares, etc.

 

Contrairement aux perceptions dans le monde développé, le développement et la conservation ont été perçus comme antagonistes dans les pays en voie de développement. La forêt et la production agricole intensive semblent être incompatibles. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, certaines des conditions (éloignement, faible niveau de financement et d’investissement dans le secteur agricole, peu d’exploitation minière, faible consommation énergétique par ménage, etc.), qui ont contribué au maintien de la biodiversité et au stockage du carbone forestier en Afrique centrale, changeront dans un avenir proche, avec un risque d’augmenter la déforestation. Sans forte volonté et sans changement en profondeur, consistant à aller au-delà du secteur de la biodiversité pour la sauver, les efforts actuels risquent d’être vaines. Il est difficile de croire que le bassin du Congo sera sauvé par la manière dont la CDB et la CCNUCC sont mises en œuvre.

 

Le sommet des chefs d’Etat du bassin du Congo en mars 1999 a donné naissance à la Déclaration de Yaoundé, traduite en juillet 2004 par la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) en un plan sur 10 ans pour la conservation et la gestion durable des écosystèmes d’Afrique centrale. Au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC/ECCAS), le secteur forestier est probablement l’un des plus organisé à travers la COMIFAC, avec le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) comme plateforme et avec un intérêt de tous les partenaires au secteur.

 

La facilitation américaine actuelle aidera probablement à revoir le plan actuel sur 10 ans pour la biodiversité et à organiser un autre sommet des chefs d’Etat, afin d’examiner la déclaration de Yaoundé. Le président Barack Obama, qui recevra à Washington ses pairs de la région lors du Sommet des Dirigeants US-Afrique en août, a dans le passé été disposé à soutenir la réduction de la déforestation dans le bassin du Congo.

 

À côté d’autres initiatives, les sommets à venir (à Washington et dans le bassin du Congo) représentent de bonnes opportunités pour faire progresser l’agenda au-delà de la biodiversité. Ces sommets peuvent offrir des possibilités pour que le développement durable devienne une réalité dans cette partie du monde. Le rêve est de voir la foresterie (conservation, exploitations forestières industrielles et à petite échelle, plantations), les industries (agro-industries, mines, etc.) et les activités des petits exploitants (agriculture, gestion des produits forestiers non ligneux, etc.) non seulement coexister, mais prospérer ensemble en Afrique.

 

Pour de plus amples informations, bien vouloir consulter:  Développement durable dans le bassin du Congo: Aller au-delà de l’agenda sur la biodiversité    

 

Image credit: A wild bird in Cameroon. Forest biodiversity conservation has been the main environmental priority in central Africa. Terry Sunderland/CIFOR photo... Here

Retour

Actualités du PFBC

Actualités

Invitation à vous inscrire à la 17ème Réunion des Parties (RdP) du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) du 24 au 27 octobre 2017 à Douala, Cameroun et des évènements connexes

La Facilitation européenne du PFBC est heureuse de vous informer que la 17ème Réunion des Parties (RdP) du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) se tiendra à Douala (République du Cameroun) du 24 au 27 octobre 2017. La Réunion est organisée avec l’appui financier de l’Union européenne.

En savoir plus...

Save the date : La 17ème Réunion des Parties (RdP) du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) - 24 au 27 octobre 2017 à Douala, Cameroun

La Facilitation européenne du PFBC et le Gouvernement du Cameroon se sont accordés pour fixer la 17ème Réunion des Parties (RdP) du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) à Douala (République du Cameroun) du 24 au 27 octobre 2017. La Réunion est organisée avec l’appui financier de l’Union européenne.

En savoir plus...

Le Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPAR) : Le 100e membre du PFBC !

Yaoundé le 14 juin 2017. Conformément à l’engagement pris à KIGALI en novembre 2016, le Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPAR) a officiellement rejoint les 99 membres du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) qui œuvrent pour la promotion de la gestion durable des ressources et l’amélioration des conditions de vie des Populations.

En savoir plus...

Un nouveau Chef à la tête du Projet GIZ d’Appui à la COMIFAC

Martial Nkolo, économiste de l’environnement prend les rênes du Projet régional GIZ d’Appui à la COMIFAC en ce début du mois d’aout 2017.

En savoir plus...

Flegt: République du Congo et le rapport annuel 2016 de presse de l'UE sur les progrès VPA

La République du Congo et l'UE ont publié un rapport conjoint sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l'Accord de partenariat volontaire en 2016.

 

En savoir plus...

Flegt: La FAO renforce son soutien pour promouvoir le commerce légal du bois en République démocratique populaire lao

L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies (FAO) intensifie le soutien pour le commerce légal du bois en République démocratique populaire lao avec le lancement officiel de deux nouveaux projets qui renforceront le rôle de la société civile et du secteur privé dans l'amélioration de la forêt application de la loi, la gouvernance et échanges commerciaux (FLEGT) dans le pays.

En savoir plus...

Flegt: Les mises à jour de mise en œuvre et l'application de Règlement sur le bois de l'UE

ClientEarth examine comment la RBUE a été mis en œuvre et est appliquée dans chaque pays, et a compilé info- des séances d'information sur certains États membres. Les info-séances d'information sur les principaux détails définis de chaque mise en œuvre de l'approche de la législation et de l'application d'un État membre.

En savoir plus...

Flegt : Le programme FLEGT FAO-UE lance un nouvel appel à notes conceptuelles dans les pays VPA

Le programme FLEGT FAO-UE accepte maintenant notes conceptuelles des institutions gouvernementales, de la société civile, peuples indigènes et tribaux et les organisations du secteur privé dans les pays engagés dans les accords de partenariat volontaire (APV) avec l'Union européenne. Subventions jusqu'à 110 000 USD sont disponibles par le biais du programme pour soutenir les processus VPA en cours dans les pays ciblés.

En savoir plus...

Archive des actualités du PFBC

2017

UICN : Rapport annuel 2016
Infosylva 09/2017
UE Forest Watch Avril 2017
L'AIF et l'Agenda 2030