Libreville: une occasion pour débattre des sujets saillants

Libreville 8 mai 2009 - Après consultations d’usage entre les ministres en charge des forêts des pays d’Afrique Centrale, M. Emanuel BIZOT, Ministre des Eaux, Forêts, Pêches et Chasses de la République Centrafricaine et Président en exercice de la COMIFAC, a convoqué et présidé le 8 mai 2009 à Libreville, République du Gabon, une réunion de concertation des Ministres de la COMIFAC. Y ont également pris part, Monsieur Emile DOUMBA, Ministre de l’Economie Forestière, des Eaux, de la Pêche et de l’Aquaculture de la République Gabonaise, M. Henri DJOMBO, Ministre de l’Economie forestière de la République du Congo, M. José ENDUNDO BONONGE, Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme de la République Démocratique du Congo et M. Raymond MBITIKON, Secrétaire Exécutif de la COMIFAC. Les autres pays membres de la COMIFAC ci-après y étaient également représentés : le Burundi, le Cameroun et la Guinée Equatoriale. 

Photo (Hans Schipulle) : de gauche Raymond Mbitikon (SE COMIFAC), Henri Djombo (RepCong), Emile Doumba (GAB), José Endundo (RDC), Fabien Mere (GAB)
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En séance plénière, les ministres ont échangé, avec le Secrétariat Exécutif de la COMIFAC, en présence des coordinateurs nationaux COMIFAC ainsi que de nombreux experts de la région, sur deux sujets qui touchent directement les pays et le secteur forestier de la sous-région. Ils ont ainsi tour à tour examiné :

(1) La crise financière internationale actuelle et son impact sur le secteur forestier, une thématique préoccupante selon le Président de la COMIFAC et qui a été discutée sur la base d’un exposé présentant une analyse pointue de la situation de l’économique forestière et de la filière de bois dans les pays COMIFAC, préparé par Dr Richard Eba’a du projet FORAF et d’autres experts internationaux. Après en avoir débattu, les ministres ont invité les pays membres non seulement à mettre en œuvre les mesures déjà prises par la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale) mais surtout à évaluer leur impact sur la relance de la filière, afin d’en assurer un meilleur suivi politique. Ils ont aussi lancé un appel à la communauté internationale pour l’aide à apporter aux entreprises forestières de la sous-région, afin d’atténuer l’impact de cette crise sur elles.

(2) L’état d’avancement des négociations internationales sur le régime climatique international post-Kyoto, introduit par Etienne Massard, Directeur Général de l’Environnement et Point Focal Climat du Gabon. Après en avoir débattu, les ministres se sont également mis d’accord de s’impliquer davantage au niveau politique à côté de leurs collègues en charge de l’environnement, afin de donner aux négociateurs des orientations politiques utiles à faire valoir et permettre à la position de la COMIFAC de peser lourd lors de ces négociations.

A huis clos les ministres ont également échangé sur des questions institutionnelles de la COMIFAC, notamment les difficultés rencontrées pour rendre opérationnel le mécanisme autonome de financement.  Cette situation inquiétante est actuellement en train de mettre en péril la fonctionnalité du Secrétariat et des institutions partenaires régionales,  la plupart des pays membres n’ayant pas encore donné suite aux décisions y relatives prises lors  des derniers Conseils des Ministres de la COMIFAC tenus en Septembre 2008 à Bangui et en Octobre 2008 à Brazzaville, et qui demandaient instamment le paiement des arriérés de cotisations et la mise en œuvre du mécanisme de financement autonome préconisé par les Chefs d’Etat d’Afrique Centrale.

Il convient de rappeler qu’à la séance d’ouverture de cette réunion de concertation des ministres de la COMIFAC, M. Hans Schipulle, Facilitateur du PFBC, avait déjà insisté sur la mise en place du mécanisme de financement autonome  et sur les attentes que la communauté internationale à l’égard de la COMIFAC, cette institution coordinatrice des politiques forestières régionales unique au monde. Il a par la suite réitéré la disponibilité des partenaires à poursuivre leurs appuis à la sous-région, dans la mise en œuvre de la Déclaration de Yaoundé. Mais le succès de ces efforts communs et la notoriété de la région dans le contexte des négociations internationales à l’instar du protocole post-Kyoto, dépendra largement de la fonctionnalité et de la crédibilité de la COMIFAC. Un des indicateurs pour pouvoir évaluer cette crédibilité serait effectivement la volonté politique des pays membres de rassurer la base financière indispensable pour le travail de la COMIFAC.

Dans leurs conclusions finales et après un éclairage du représentant de la CEEAC, les Ministres ont invité le Président en exercice d’engager une concertation avec le Secrétaire Général de la CEEAC pour la mise en place des modalités nécessaires à la sécurisation des financements de la COMIFAC. Ces modalités devront être soumises pour décision à la prochaine Conférence des Chefs d’État de la CEEAC  et permettront à cette dernière de disposer de ressources financières suffisantes pour prendre en charge le fonctionnement de la COMIFAC et de ses institutions partenaires.  En attendant la décision finale des Chefs d’Etat à ce sujet, les ministres ont demandé l’apurement des arriérés de cotisations par les Etats membres et instruit au Secrétariat Exécutif le prélèvement d’un pourcentage sur les financements des projets afin d’en couvrir les frais de gestion et d’administration.

Après avoir pris acte de la proposition de la RDC d’organiser en 2010 à Kinshasa les cérémonies marquant le dixième anniversaire de la Déclaration de Yaoundé, les Ministres se sont séparés en promettant de se rencontrer aussi souvent que l’exigent les problèmes touchant à la conservation et à la gestion durable des forêts du Bassin du Congo.

Communiqué officiel de la COMIFAC portant conclusions de la réunion de concertation
Discours d'ouverture du Président en exercice de la COMIFAC, Emanuel Bizot

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