Un atelier de réflexion sur la certification crédible dans le Bassin du Congo

L’Atelier sous régional de réflexion sur la certification crédible dans le Bassin du Congo, organisé par le WWF-CARPO, sous l’égide de la COMIFAC et avec l’appui financier de la Coopération Allemande, de la Coopération Espagnole, de l’Union Européenne, de l’USAID, de la Coopération Française et du WWF, s’est tenue le 25 février 2009 à Douala, en marge des ateliers de la COMIFAC sur l’évaluation du Plan de Convergence et d’IFIA/ATIBT sur les Forêts à Haute Valeur de Conservation (FHVC).


Près de 70 participants y ont assisté, représentant les opérateurs économiques du secteur forestier, les référentiels de certification FSC et PAFC (Pan African Forest Certification), les Bureaux de certification et prestataires de service, la société civile, les administrations forestières, les institutions de recherche, les organisations intergouvernementales et les partenaires au développement.


Au cours de cette réunion, les participants ont écouté les exposés sur le partenariat pour la promotion de la foresterie responsable dans le Bassin du Congo (bilan, défis, opportunités et perspectives), le fonctionnement et la certification FSC dans le Bassin du Congo, l’état de la promotion du système de certification forestière PAFC en Afrique Centrale (Cas du PAFC-Gabon), les expériences des entreprises forestières du Bassin du Congo dans la certification forestière, le rôle des administrations forestières dans le processus de certification forestière (cas du Congo) et l’impact de la crise financière actuelle sur la gestion durable des forêts et la certification forestière en Afrique Centrale. Ces exposés étaient suivis de discussions vives et constructives.

Photo (Hans Schipulle): Vue sur les assises de la réunion avec Marie Mbolo, FSC Cameroun, Elie Hakizumwami, WWF CARPO et le Modérateur Isaac Njifakue


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Il est revenu, grâce à ces exposés et échanges, que 11 millions d’ha de forêts du Bassin du Congo seraient ainsi actuellement gérées suivant des plans d’aménagement adoptés par l’administration forestière et près de 3,0 millions d’ha seraient déjà certifiés FSC, alors que près de dix (10) millions d'hectares de forêts pourraient l’être à l'horizon 2012. Ces données ont soulevé l’enthousiasme de M. Roberto Waack, Président du FSC  qui a exprimé sa surprise et son appréciation pour les rapides progrès réalisés dans les pays du Bassin du Congo en matière de certification forestière et promis une place de choix au sein du Conseil d’Administration du FSC aux réseaux et initiatives régionales du Bassin du Congo . Il a toutefois insisté sur la nécessité de finaliser rapidement les standards de certification que les certificateurs et les sociétés forestières devront intégrer dans les opérations de certification pour en conférer une plus grande crédibilité.


Pour M. Hans Schipulle, Facilitateur du PFBC qui intervenait au début de la réunion, tout ce qui concourt à la préservation des rôles économique, écologique, social et culturel des forêts devrait être encouragé. Il en est ainsi de la certification forestière grâce à la quelle les progrès concernant la protection de la biodiversité, y compris au niveau des zones à haute valeur de conservation, le respect des règles et législations en vigueur, la lutte contre la pauvreté et le respect des droits des populations autochtones sont mesurables dans la sous région. C’est également au niveau des concessions forestières certifiées que la protection de la faune est plus effective et bien plus que dans toute autre forme de gestion forestière, y compris dans les aires protégées dont la plupart souffrent encore d’un manque de contrôle flagrant imputable à la précarité des moyens publics.


A l’issue de la réunion, 14 points qui constituent autant de préoccupations ont été relevés et feront l’objet d’une réflexion plus approfondie par un Comité ad hoc piloté, sous l’égide de la COMIFAC, par le WWF et dont la composition sera rendue publique sous peu.


Ces préoccupations concernent :

1. Le référentiel FSC de certification
2. Le rôle de l’Etat dans la certification forestière
3. Le renforcement des capacités en matière d’audit forestier
4. La certification forestière et le développement local (partage des responsabilités, y compris avec les peuples autochtones)
5. Le coût de la certification
6. Les PCI (Principes, Critères, Indicateurs) de l’OIBT/OAB et le processus de certification
7. Les impacts de la crise financière mondiale  sur le processus de  certification
8. La certification, la communication et le marketing
9. Les partenariats dans la certification
10. Les objectifs quantitatifs réalistes de certification dans la sous-région
11. La crédibilité des initiatives de certification
12. La légalité et la certification
13. La communication et la désinformation dans le processus de certification
14. La certification et le marché local des produits forestiers


La mise en place d’un « Groupe de Réflexion sur la certification forestière crédible dans le Bassin du Congo » et qui aurait pour objectif principal de discuter des sujets liés aux problèmes stratégiques et pratiques de certification forestière en Afrique centrale, reste toujours à l’ordre du jour et interviendra après ce travail du groupe ad hoc.

Il reste à regretter l’absence à cette réunion des ténors de Greenpeace International, pourtant à l’origine de la tenue de cette rencontre de Douala, comme il a été planifié lors d’un rencontre de certains acteurs interessés en marge de l’Assemblée Générale en Novembre passé à Cape Town. Leur présence aurait peut-être permis aux discussions d’être encore plus constructives et dans l’intérêt de la gestion durable des ressources forestières du Bassin du Congo.

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