Interviews

M. Emile AHOHE - Directeur de la commission économique des nations unies pour l’Afrique, bureau sous régional pour l’Afrique centrale par Raoul SIEMENI Directeur Général , Afrique Environnement Plus

Afrique Environnement Plus : vous venez d’organiser un atelier sur l’environnement et le développement durable, quels sont les objectifs visés par ce séminaire ?


Emile AHOHE : vous savez bien que le changement climatique est devenu une réalité au regard des études scientifiques qui l’on confirmé et il était nécessaire pour nous de rassembler les planificateurs et les parlementaires pour les sensibiliser, les informer et renforcer leurs capacités sur la nécessité de la prise en compte des changements dans les politiques et programmes nationaux, sous régionaux vue l’importance du sujet. Il fallait les informer également sur les impacts du changement climatique et des mesures d’adaptation nécessaires, pour que ces mesures soient répliquées dans les programmes nationaux de développement. Le choix de cette cible a été motivé par le fait que les planificateurs comme vous le savez sont en amont, ce sont eux qui préparent les décisions de politique économique, et les députés également sont aval, en ce qui concerne leur rôle dans l’adoption des lois et également dans l’approbation des mesures d’ordre économique. Il était donc nécessaire d’amorcer ce dialogue dans ces deux segments d’acteurs de la politique nationale pour renforcer leur compréhension des changements climatiques et pour leur permettre effectivement de refléter les changements climatiques dans les programmes nationaux.

Afrique Environnement Plus : vous êtes membre du bureau régional pour l’Afrique centrale, que représente la place de l’environnement et du développement durable dans la politique que vous conduisez ?


Emile AHOHE : Il est clair aujourd’hui qu’en termes d’environnement et de développement durable, si vous prenez le cas de l’Afrique centrale, c’est un groupe de pays qui tirent la plupart de ces ressources des ressources minières et pétrolières, des ressources forestières, donc il est indispensable de rationaliser l’utilisation de ces ressources de façon durable, c’est-à-dire préserver l’environnement, les questions de déforestation et d’émission de gaz à effet de serre qui créent des réchauffements climatiques et qui ont des effets négatifs sur l’environnement , donc toutes ces questions sont liées et ne doivent pas être considérées comme secondaires, mais de les intégrer dans les politiques nationales de développement pour que les coûts et les bénéfices réels qu’on peut réaliser à partir de l’économie verte, deviennent une réalité dans la sous région.

Afrique Environnement Plus : quel est le rôle que joue la commission économique des nations unies pour l’Afrique dans la sous région?


Emile AHOHE : la commission économique des nations unies est une émanation du conseil économique et social, nous sommes la branche africaine de ces institutions en Afrique et notre rôle c’est de coordonner et d’harmoniser les politiques de développement et de faire un plaidoyer international sur les questions de développement en Afrique. Nous sommes essentiellement sur les créneaux de l’intégration régionale et essayons d’amener les pays à entreprendre des politiques communes, que ce soit dans le domaine économique, de l’environnement, des infrastructures etc. parce qu’une harmonisation des politiques est une étape importante vers l’intégration sous régionale; bien entendu, nous sommes aussi axés sur les questions de la réalisation des besoins spécifiques des Etats membres à travers les OMD, et pour ce faire, la commission économique des nations unies pour l’Afrique dont le siège est à Addis Abeba a cinq bureaux sous régionaux, l’un en Afrique centrale basé à Yaoundé, l’autre en Afrique de l’Ouest à Niamey au Niger, les autres bureaux sont basés respectivement au Maroc, à Kigali et à Lusaka en Zambie pour couvrir les pays de l’Afrique australe. La commission n’a pas de représentation au niveau des pays mais ce sont les bureaux sous régionaux qui lui servent de branches sous régionales de la commission pour surtout les questions d’intégration et d’harmonisation des politiques économiques et sectorielles entre les Etats membres.

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