Alternatives Économiques- Climat et enjeux de la CoP 21.

 

 

Émissions, déforestation et spéculation

 

Conçu pour aider les pays du Sud à diminuer leurs émissions liées à la déforestation, le mécanisme REDD+ n'a jamais vraiment rempli son rôle. Et a donné lieu à des pratiques douteuses. La déforestation représente 10 à 15 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre liées à l'activité humaine et se concentre dans les zones tropicales. Résultat de l'extension des surfaces cultivées, elle est due à parts presque égales à l'agrobusiness et aux petits producteurs. Pour contrer ce phénomène, les États parties aux négociations climatiques internationales ont créé en 2005 le mécanisme "REDD+" (pour "réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts dans les pays en développement").

 

L'idée était de verser une compensation à ces pays pour le "coût d'opportunité" (le manque à gagner) résultant du renoncement à abattre des forêts. Le financement du dispositif devait reposer sur des permis d'émissions que les pays du Sud ayant réduit leur déforestation auraient vendu aux pays du Nord. La négociation n'a cependant jamais pu trancher ce point, plusieurs États ­ comme la Bolivie ­ s'opposant à ce qu'ils perçoivent comme une tentative de marchandisation de la nature. Une alternative serait de mobiliser le Fond vert pour le Climat créé en 2009 à Copenhague… mais il n'a toujours pas honoré sa promesse de réunir 100 milliards de dollars par an.

 

 

 

Une efficacité très virtuelle

 

REDD+ est un instrument d'une complexité incroyable qui fait d'abord le bonheur des consultants et des cabinets d'experts. Son efficacité supposée repose sur le principe du paiement aux résultats. Or l'appréciation de ces résultats repose sur la fabrication de scénarios de référence du type "que se passerait-il si l'on ne faisait rien ?", invérifiables par définition (si le projet est réalisé le scénario ne peut être observé) et donc aisément manipulables. D'autres difficultés, comme l'annulation de la réduction des émissions si la déforestation reprend, font que le processus de négociation peine à proposer des règles opérationnelles pour mettre en œuvre ce mécanisme. Sa seule réalité tangible est constituée des nombreux projets de conservation de la forêt estampillés "REDD+".

 

 

Couvrant environ 72 millions d'hectares, ils se sont développés parallèlement au processus onusien, grâce à la vente de "certificats de réduction d'émissions" liés à ces projets sur le marché volontaire et privé de la compensation carbone à de nombreuses entreprises occidentales. Même si ces certificats ne sont pas valorisables sur les marchés officiels d'échanges de permis d'émission ­ à commencer par le principal, le marché européen du CO2 ­, l'intérêt pour les entreprises de les acquérir est de pouvoir ainsi communiquer sur leur stratégie de réduction de leur empreinte écologique. En dix ans, de 2005 à 2015, le total des certificats émis sur ce marché a atteint 4 milliards de dollars, censés représenter la "non émission" de 844 millions de tonnes d'équivalent CO2 , l'équivalent des rejets de gaz à effet de serre de la France et de l'Espagne… sur une année. Au final, ces projets REDD+ sont de fait des opérations privées, loin du mécanisme qui avait été envisagé au départ, censé rémunérer des États pour leur action de prévention de la déforestation…

 

Pour d’amples informations, bien vouloir télécharger ci-dessous le numéro hors-série d’Alternatives Économiques/ Alternatives Internationales consacré au climat et aux enjeux de la CoP 21.

 

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