Écosystèmes forestiers du Bassin du Congo - Un patrimoine mondial naturel d’exception

Étendue – Couverture des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo, d’Afrique centrale

Les écosystèmes forestiers du Bassin du Congo couvrent une superficie de près de 301 millions d’hectares sur 530 millions d’ha de terre, comprenant environ 70 % de la couverture forestière de l’Afrique (Plus de 99% des terres boisées sont des forêts primaires ou régénérées naturellement), et 46% sont des forêts denses de plaine (de basse altitude) (1, 2, 4, 5) comprenant tous les types de forêts qu’on retrouve en Afrique centrale dans des pays membres de l’espace COMIFAC- CEEAC suivant, l’Angola, le Burundi, le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Rwanda, São Tomé et Príncipe, le Tchad et quelque « petites » zones au Nigeria, Uganda. Ces écosystèmes se hissent au rang du deuxième plus grand massif de forêts denses tropicales au monde après l’Amazonie. Les écosystèmes forestiers du Bassin du Congo sont situés en Afrique centrale d’une superficie de 6 613 000 km2 (13).

Bassin du Congo – une Importance de dimension mondiale - Un patrimoine naturel d’exception

  • En termes de conservation de la biodiversité́ exceptionnelle et les plus importants de la planète

Abritant 1 espèce sur 5 de toutes les espèces vivant sur notre planète, en particulier la diversité des espèces de primates, la région est l'un des plus importants centres de biodiversité du monde. Cette biodiversité se singularise tant par son importance considérable que par la diversité de ses espèces florales et fauniques qui n’existent nulle part ailleurs sur la planète. Ainsi, ces écosystèmes sont ainsi un creuset fantastique réservoir de biodiversité, abritant l'assemblage le plus diversifié de plantes et d'animaux endémiques et emblématiques en Afrique, y compris 20 000 espèces de plantes (dont 8000 sont endémiques), 1 300 espèces d'oiseaux, 336 espèces d'amphibiens, 400 espèces de reptiles et 400 espèces de mammifères (dont 10% sont endémiques) dont une bonne partie est classée, catégorie de la Liste rouge de l'UICN. L’Afrique centrale abrite également la plus grande population d'éléphants de forêt et du chimpanzé, couvre la quasi-totalité de l'aire de répartition du gorille des plaines occidentales, de montagnes et de Bonobo, l’okapi, le bongo, la genette aquatique, de nombreuses espèces de petits primates et d’antilopes sont également exclusives à ces forêts et peuplent ces forêts luxuriantes. Seize espèces d'oiseaux et 23 espèces de mammifères, les gorilles et autres grands singes, sont considérées comme menacées, en danger ou en danger critique d'extinction, bien que ces chiffres puissent être beaucoup plus élevés. Plus de 200 espèces animales, nouvelles pour la science, ont été décrites dans la région depuis 2000 et il en reste d'autres à "découvrir" (3, 6, 8).

  • En termes de stockage de carbone - Régulation du climat mondial et de tourbière unique

Les forêts jouent un rôle prépondérant dans la régulation du climat, la séquestration du carbone et essentielles pour atténuer et amortir les (effets du) changement climatique. Des estimations récentes suggèrent que le bassin du Congo séquestre plus de 60 milliards de tonnes métriques de carbone, plus que toutes les forêts tropicales d'Amazonie et d'Asie réunies, révèle une étude récente (14). La récente publication de la première carte spatialement explicite des tourbières de la Cuvette Centrale révèle qu'il s'agit du plus vaste complexe de tourbières tropicales, d'environ 145 500 km2, dans lequel on estime à 30,6 Pg le carbone stocké (30% du CO2) avec 30 milliards de tonnes de carbone contenu dans son sous-sol d'espaces marécageux équivalent à : six ans d’émissions mondiales liées aux énergies fossiles, ou à vingt années des émissions des États-Unis liées aux énergies fossiles (1, 9, 10).

  • En termes de Population, culture, tradition riche et diversifiée

Une centaine de millions de personnes y vivent dans ce bassin grand comme l’Inde et le Paraguay réunis, et soutiennent les moyens de subsistance de plus de 85 millions de personnes (populations locales et autochtones). La région du bassin du Congo est l'une des régions les plus diversifiées sur le plan ethnique, avec plus de 250 groupes ethniques vivant dans la région. La diversité des groupes ethniques présente ses propres défis en termes droits de l’homme, de gestion des forêts et des terres : Ces groupes ethniques distincts cohabitent et vivent dans des zones rurales, dont la plupart dépendent directement des ressources forestières telles que les PFNL, la viande de brousse, le bois. Parmi ces populations, sont des groupes telque les Ba'Aka, représentants les plus célèbres d’un ancien style de vie de chasseurs-cueilleurs dont le mode de vie et le bien-être sont intimement liés à la forêt, de même que les groupes : Ba’ kwele, and Mbomban. Ces groupes ethniques dépendent des ressources naturelles locales pour la nourriture, la santé nutritionnelle et les besoins de subsistance et contribuent aussi à alimenter les 40 millions de personnes qui vivent dans les centres urbains proches de ces domaines forestiers (8, 9).

  • En termes d’importance économique, les forêts assurent un rôle essentiel dans les économies nationales et locales.

Ces forêts permettent la création d’emplois directs et indirects, apporte et redistribue des richesses le long des filières, contribue au renflouement de l’assiette fiscale et de bien d’autres manières. Ils fournissent également de nombreux biens et services écosystémiques qui concourent à la régularisation de nombreuses fonctions vitales pour la planète tout entière. En termes de PIB, il se situe entre 4 et 7% du PIB, hors pétrole avec environ 44 millions d'hectares de forêts sous concession (environ 8,3 pour cent de la superficie totale des terres) (1, 8), contribue de manière significative à l’emploi et aux recettes fiscales. La chasse fournit généralement entre 30 et 80 % des protéines consommées par les familles vivant dans les forêts du bassin du Congo. Dans le cas du Cameroun, par exemple, la viande de brousse représente une valeur économique estimée à 80 milliards de francs CFA (environ 122 millions d'euros) par an (8). Ces écosystèmes sont des atouts de taille, car l’Afrique centrale est riche en ressources naturelles (forêts, biodiversité́, minéraux, pétrole, terres rares, des terres arables …).